CEREMONIE DE REMISE DE LA MEDAILLE DES JUSTES PARMI LES NATIONS A MAURY

En Fenouillèdes les familles Bastacki et Ribes ont caché et sauvé Otto Weinmann. « Cet hommage est un devoir de mémoire pour que des atrocités contre la dignité de la personne humaine ne se reproduisent jamais, a exhorté Pierre Estève, incarnant la forte présence du Conseil Général en cette journée de remise à titre posthume de « La médaille des justes parmi les nations », le 15 mai 2012 à Maury. Pierre Estève, ancien député et vice-président du Conseil Cénéral des Pyrénées-Orientales a exprimé que ce département, avec le camp de Rivesaltes a connu l'internement et la déportation de nombreuses personnes juives; le directeur du groupe scolaire qui enseignait aux enfants jusqu'à leur déportation vers Drancy puis Auschwitz était de Maury, il s'appelait François Mérou. Cette journée nous a permis d'accueillir le Consul Général d'Israël à Marseille, Son excellence Barnéa Hassid qui a déclaré qu'en 1953, l'assemblée législative de l'État d'Israël, en même temps qu'elle créait le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, décida d'honorer «les Justes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs». «Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial: YAD et un nom: SHEM qui ne seront pas effacés» Isaïe 56, 5.
 
 
Il s'agit actuellement de la plus haute distinction honorifique délivrée par l'État d'Israël à des civils. Au 1er janvier 2012, le titre de « Justes parmi les nations » a été décerné à 24 355 personnes à travers le monde, dont 3 513 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Un seul devoir les a déterminé, le devoir d'humanité contribuant à sauver des innocents et par là, sauver l'humanité. Monsieur Barnéa Hassid, Consul Général d'Israël a ainsi signifié que le courage a un sens, celui de se battre pour des valeurs morales. Avec son Excellence Barnéa Hassid, cette délégation de haut rang a réuni Edith Moskovic et Michaël Iancu, Délégués du Comité Français pour Yad Vashem ainsi que Philippe Benguigui, Président de Zakhor Pour la Mémoire et Carole Chaouat, Directrice des Prix Zakhor Pour la Mémoire pour remettre à titre posthume à Germaine Bastaki ainsi qu'à Marius et Marcelle Ribes pour avoir sauvé Otto Weinmann, la médaille des « Justes parmi les nations » en hébreu, littéralement : « généreux des nations du monde ». A Maury, elle est présente aux côtés de Jacques Cukier qui dans son ouvrage «L'éclipse» publié en 2010, aux Presses Littéraires retrace ce même parcours d'enfants cachés, jacques Cukier œuvre de manière remarquable en étant le porte drapeau de l'association Zakhor Pour la Mémoire, honorant ainsi toutes les victimes de cette terrible période de notre histoire de France. Les ¾ des juifs de France ont eu la vie sauve grâce à un Réseau anonyme rejetant le fascisme. Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Dorit Knobel, fille d'Otto Weinmann venue de Tel Aviv a exprimé par sa présence et sa parole à Maury, sa filiation avec les Justes. Les images archives projetées par Dorit, ont aussi permis de nous rapprocher de Germaine Bastacki et ainsi de mieux comprendre le parcours d'Otto, son père dans nos terres du Fenouillèdes. Ainsi, Monique Villamejeanne, fille de Germaine Bastaki et Martine Carrere-Estève, petite-fille de Marius et Marcelle Ribes sont aujourd'hui officiellement dépositaires du courage et de l'humanisme de leur descendance. Il en est de même pour toute la fratrie Maurynate de Marius et Marcelle dont René, Jeanne, Paul, Raymonde et leurs enfants, comme l'a rappelé Martine lors de son intervention émue.
 
Charles Chivilo, maire de Maury a accueilli, aux côtés des enfants de l'école primaire, avec émotion et solennité cette cérémonie. Héritiers et témoins, sont les relais de cette histoire collective qui à l'échelle locale et internationale honore la charge du premier magistrat de Maury.