CEREMONIE DE LA RAFLE DU VEL D'HIV A PARIS

Philippe Benguigui, Président de Zakhor Pour la Mémoire a participé avec des membres de l'Association Zakhor Pour la Mémoire à la Cérémonie de la Rafle du Vel D'Hiv à Paris; organisée par l'Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France ce 16 Juillet à Paris. C'est ainsi que Mâitre Serge Klarsfeld a présidé cette émouvante cérémonie en présence d'un public nombreux venu pour se recueillir et lancer un message universel afin de mobiliser la nation entiére dans l'importance de se souvenir des martyrs juifs qui ont été en ce lieu internés pour y être deportés. Nous sommes particuliérement heureux d'avoir pu cette année faire participer l'ensemble des Scouts San Jordi à cette cérémonie afin de leur expliquer la signification de ce lieu et nous les remercions du fond du coeur.
À l'aube du 16 juillet 1942 débute à Paris la «rafle du Vél d'Hiv». Elle voit l'arrestation par surprise de plus de treize mille Juifs parisiens de 2 à 60 ans, tous Juifs apatrides. La plupart sont déportés au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Quelques dizaines en reviendront. C'est ainsi que sont mobilisés à Paris 7.000 policiers et gendarmes sous les ordres du délégué en zone nord de René Bousquet, jeune et efficace fonctionnaire du gouvernement de Vichy. 13.152 personnes sont appréhendées par la police française les 16 et 17 juillet 1942, y compris 4.000 enfants de moins de 16 ans qu'il n'avait pas été initialement prévu de déporter. C'est beaucoup... et néanmoins deux fois moins que le quota fixé par les Allemands et la préfecture de police ! Les actes de solidarité heureusement n'ont pas manqué : quelques policiers ont laissé fuir leurs victimes, des concierges, des voisins, des anonymes ont ouvert leurs portes et caché des Juifs... Embarqués dans des autobus, les personnes seules et les couples sans enfants sont convoyés vers le camp de Drancy, au nord de Paris. Les familles avec enfants sont quant à elles dirigées vers le Vélodrome d'Hiver. Plus de 8.000 personnes dont une majorité d'enfants vont s'y entasser pendant plusieurs jours, parfois jusqu'au 22 juillet, dans des conditions sordides : pas de couchage, ni nourriture, ni eau potable, avec un éclairage violent jour et nuit, au milieu des cris et des appels de haut-parleurs. Seuls trois médecins et une dizaine d'infirmières de la Croix-Rouge sont autorisés à intervenir. Les familles du Vél d'Hiv sont transférées de la gare d'Austerlitz vers les camps d'internement de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Au mois d'août suivant, les mères sont enlevées à leurs enfants par les gendarmes et convoyées vers les camps d'extermination de Pologne. Les enfants seront à leur tour envoyés deux semaines plus tard à Auschwitz-Birkenau qui, depuis le début juillet, s'est transformé de camp de travail forcé en camp d'extermination à l'échelle industrielle. Les internés de Drancy prennent également le chemin d'Auschwitz-Birkenau. Quelques dizaines tout au plus reviendront de l'enfer. La rafle accentue la collaboration entre Vichy et l'occupant allemand dans le domaine de la «question juive». Mais elle entraîne aussi un début de fracture dans l'opinion française, jusque-là massivement indifférente ou attentiste. Peu à peu, certains citoyens basculent dans la Résistance, plus ou moins active ; d'autres, à l'inverse, se radicalisent et basculent dans l'antisémitisme et la collaboration. Il a fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'à la faveur d'un très beau et très émouvant discours, un président, Jacques Chirac, reconnaisse officiellement « que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français ». L'engagement du Président Nicolas Sarkozy et du Président François Hollande sont également remarquable sur la question de l'importance de la nécessité de perpétuer le souvenir de la transmission du devoir de mémoire et d'histoire auprès des jeunes scolaires afin que nul ne puissent désormais oublier.