RENCONTRE AVEC L’AMIRAL FRANCOIS FLOHIC, ANCIEN SECRETAIRE ET AIDE DE CAMP DU GENERAL DE GAULLE

L'Amiral François Flohic s'est engagé dès juillet 1940 au nom de la France libre. Ainsi, il a été l'Aide de Camp du Général de Gaulle et cela jusqu'au départ de l'Élysée du Général de Gaulle. Pour cet anniversaire de l'Appel de l'appel du 18 juin, l'Amiral François Flohic sera à Londres et à Paris, portant remarquablement ses 90 ans, pendant des années cet homme à la stature impressionnante a été aide de camp du Général de Gaulle, Président de la République, il assistera à la cérémonie à laquelle participera le Président de la République. Pour lui ce sera « un moment de grande émotion ».
 
 
C'est en 1940, alors qu'il n'avait que 19 ans et se souvient : « Je n'ai pas entendu l'Appel car j'ai quitté Paimpol le 18 juin au soir pour Falmouth, et c'est en arrivant que j'ai appris par la presse qu'un Général Français avait appelé à la résistance. Le 17 juin, lorsque Pétain a déclaré « c'est le cœur serré qu'il faut cesser le combat », avec l'accord de mes parents, j'ai décidé de partir en Angleterre et il précise bien : « on n'était pas des fayots dans ma famille ». Le 18, les Allemands étaient à 30 kilomètres de chez nous ».François Flohic en 39-40 était élève à l'école de navigation maritime de Paimpol. Il attendra le 4 juillet pour rencontrer le Général de Gaulle et il rectifie : « Je ne l'ai pas rencontré, mais je l'ai vu lorsqu'il est venu inspecter à l'Olympia-hall de Londres le rassemblement de tous les français volontaires. Après la guerre et une carrière dans la marine, les rêves de capitaine au long cours sont bien loin. En 1959, François Flohic se retrouve subitement promu pour deux ans aide de camp du Général de Gaulle. « Le Général m'a engagé après une brève rencontre à Matignon. C'était la troisième fois que je le voyais. La première à mon arrivée à Londres, puis à Plymouth en septembre 1940 et une troisième fois en écosse en 1943. » François Flohic, alors devenu amiral allait finalement se consacrer à cette tâche jusqu'en 1963. Puis, de 1965 à 1969, c'était un nouveau contrat avec le Général. Il fut ensuite nommé commandant du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc durant 3 ans, de 1969 à 1971. L'avantage que j'avais, c'est que j'étais Français libre, il y avait un certain rapport psychologique entre nous. Le Général n'était pas un homme à réunir du monde tous les matins pour parler. Il était un militaire qui travaillait sur dossiers et rapports. Et je dois dire que les conseillers techniques n'étaient qu'une dizaine et de grande qualité. Ils voyaient rarement le Général. Il envoyait des notes et ne voyait que la mention « vu ». Au cours de cet entretien, on ne pouvait pas ne pas parler de la haine suscitée par le Président de la République au point de vouloir attenter à sa vie à plusieurs reprises. Enfin, en cette date anniversaire, on peut se demander quelles ont été les conséquences de l'Appel du 18 juin. Il y a eu les conséquences directes qui ont chamboulé les suites de la guerre. Mais, pour l'Amiral Flohic, « c'est d'abord ce message d'espoir aux Français prostrés et abattus par cette défaite; un élément considérable de notre histoire car il a eu des conséquences immédiates très importantes puisque nous avons été à la table des vainqueurs ; d'autre part nous avons été acteurs de l'occupation en Allemagne et nous avons été parmi les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité. Enfin, s'il n'y avait pas eu de Gaulle et son prestige, on n'aurait jamais changé la constitution. On serait encore en IVème République ». Les propos de cet homme empreint d'une grande simplicité sont extrêmement touchants, il est à lui seul une encyclopédie vivante de notre histoire de France et rien ne soupçonne que cet Amiral de France puisse être un haut dignitaire de notre République. Mais dés lors que nous abordons ce sujet, l'Amiral Flohic reste pensif et préfère se mettre à parler de sa passion pour la peinture. Quelle belle rencontre !!